L'histoire de l'emblématique Judogi - Focus sur le tissu Sashiko

Le Sashiko plus en détail

De l'utile à l'esthétique, une histoire et un savoir savoir-faire

Après un premier aperçu des étapes de la production d'un Judogi, entrons un peu plus dans les détails pour nous intéresser tout particulièrement sur le tissu Sashiko, qui orne la grande majorité des vestes de Judogi KuSakura. Ce tissu, bien que traditionnel et esthétique, présente aussi certains aspects utiles,notamment dans la pratique des arts martiaux. C'est pour cela entre autres, que le Sashiko se retrouve sur les Keikogi de Judo, Aikido ou encore de Kendo.

Un point sur l’appellation

En occident, le terme Kimono est souvent utilisé pour désigner les vêtements d'entraînement de Judo. Cependant, ce terme s’avère être inexact étant donné qu’il devrait plutôt être utilisé pour désigner les vêtements japonais traditionnels fabriqués à base de soie.

Les tenues d’art martial sont appelés des “Dogi”, signifiant “le vêtement de la voie” ou encore Keikogi, désignant tout simplement un vêtement d'entraînement. Par conséquent, les uniformes utilisés dans la pratique du judo sont appelés en Japonais Judogi. En Kanji, ce mot est habituellement écrit 柔道着, mais il est à noter que le dernier Kanji peut aussi être remplacé 衣 (Gi), qui est prononcé de la même manière, mais qui est en fait une manière traditionnelle d’orthographier ce mot, bien que son utilisation soit moins courant aujourd’hui.

Contrairement aux Keikogi de Kendo, les Judogi ne sont pas entièrement fabriqués en Sashiko. De nos jours, ils sont principalement composés de tissu Hishisashi (tissage en diamant) sur la partie basse de la veste ainsi que de Sashiko, présent sur la partie haute. Et c’est principalement ce dernier type de tissage qui va nous intéresser dans cet article.

Sashiko et Hishizashi sur veste de Judogi

Sashiko (partie haute) - Hishizashi (partie basse)

Le Sashiko au fil du temps et ses avantages

Le tissu Sashiko est un tissage traditionnel japonais composé de plusieurs points de couture formant divers motifs. Il peut avoir diverses utilités, que ce soit décoratives ou plus fonctionnelles comme dans les arts martiaux et notamment en Judo. En effet, le fait que les fils soient entrelacés sur plusieurs couches horizontales et verticales fournit au tissu une résistance de traction accrue. En résulte un tissu plus robuste et durable, conçu pour absorber les chocs subis lors de chutes, spécificités particulièrement intéressante dans un art martial tel que le Judo dans lequel prises et chutes sont parties intégrantes du sport en lui même.

Trouvant ses origines vers le 6e siècle, le tissu Sashiko (刺子) se démocratise finalement pendant l’ère Edo (1615-1868), pendant laquelle il était notamment utilisé comme vêtement de fonction pour les pompiers. Depuis, l’apparence assez typique de ce tissu avec des points de couture rappelant des “grains de riz”, lui a valu d’être connu sous le nom éponyme (tissage en grain de riz).

Aujourd’hui, le Sashiko est principalement utilisé dans les arts martiaux, mais il est possible de le retrouver ailleurs, sur des vêtements de fonction, des tapis ou encore des tapisseries. De plus, on peut noter que plusieurs fibres étaient autrefois utilisées dans la confection du Sashiko, mais seul le coton est réellement utilisé de nos jours.

En plus d’être résilient et d’être un tissu extrêmement solide, le Sashiko est connu pour avoir d’autres avantages particulièrement intéressants lors d’une utilisation dans les arts martiaux. Doté d’une bonne capacité d’absorption, ce tissu s’avère plutôt efficace lorsqu'il s’agit d’absorber la sueur, tout en restant un tissu à séchage rapide. En outre, ce tissu est aussi connu pour être antiseptique et ne conserve pas les odeurs.

C’est Jigoro Kano, père fondateur du Judo, qui imposa ce tissu sur les Keikogi de Judo pour tous les avantages qu’il apporte aux pratiquants et au sport en lui même. Il fut ensuite vivement conseillé dans d’autres arts martiaux comme l’Aikido ou le Kendo qui peu à peu, ont eux aussi adopté ce type de tissu sur leur Keikogi respectif.

La production

Aujourd'hui, l’unité de mesure employée pour désigner le poids d’un tissu est le gramme par mètre carré (abrégé g/m²). Néanmoins, dans les ateliers Japonais, vous entendrez plus les artisans parler en “brin par mètre”, désignant la quantité de tissu utilisé sur une largeur d’un mètre carré. Autrefois il était d’ailleurs plus commun de compter en utilisant la taille des grains de Sashiko qui était exprimée en “Bu”. De plus, il est important de préciser qu’en Judo, le gramme par mètre carré a été instauré par la Fédération internationale de Judo dans le cadre de la création des normes en compétitions, mais l'utilisation de cette unité de mesure dans les ateliers traditionnels reste marginale.

Comme expliqué dans notre article sur les étapes de la production d’un Judogi, le tissu Sashiko est produit à l’aide de deux métiers à tisser plutôt imposants. Bien que d’époque, ces machines restent les plus puissantes dans le domaine et KuSakura est le seul fabricant de Judogi à posséder de tels bijoux de technologie. Rappelons d’ailleurs que KuSakura est aussi le seul fabricant à maîtriser la totalité de son processus de production, ce qui permet entre autres d’assurer la qualité haut de gamme des produits.

Second métier à tisser KuSakura

Seul deux metiers à tisser du genre existent, tous chez KuSakura

Une fois tissés, les rouleaux sont stockés dans une salle spécialement prévue à cet effet et placés les uns sur les autres pendants environs 45 jours afin de limiter le taux de rétrécissement et d'accroître la précision des mesures finales indiquées sur KuSakuraShop. Il faut savoir qu’un rouleau de 36 mètres permet la production d’environ 15 vestes de Judogi.

Stockage des rouleaux de Sashiko

Les rouleaux sont méticuleusement stockés afin de préserver leur qualité

La production du tissu Sashiko requiert dans l’ensemble, tant par la complexité de sa conception que par sa très longue histoire, une attention toute particulière que seuls des artisans expérimentés peuvent acquérir au travers d’un savoir-faire intemporel.

La coloration du Sashiko

Le processus de coloration peut maintenant commencer et même s’il existe quelques Judogi non blanchis tels que le Dojin Master JOZC disponible sur KuSakuraShop, 95% des Judogi actuellement sur le marché sont blanchis.

Comparaison d'un tissu blanchi et non blanchi

 

Lors du processus, le tissu est tout simplement immergé pendant 3 à 5 semaines dans de grands bacs contenant un produit spécial dérivé du chlore. Étant donné que cette méthode s’avère être particulièrement polluante, de plus en plus d’ateliers sont réticents à l’utiliser. D’autres méthodes, plus respectueuse de l'environnement existent, mais elles sont généralement sensiblement plus chères et feraient donc augmenter les coûts de production.

Il convient d’ailleurs de préciser qu’à l’achat d’un Judogi, l’impact écologique de celui-ci sera significativement différent selon si celui-ci a été fabriqué au Japon ou dans un autre pays tel que le Pakistan, où les normes environnementales ne sont pas les mêmes.

Particularité du tissage

Un fait important à noter, est que le Sashiko peut être tissé soit à la verticale “Tatezashi” ou bien à l’horizontale “Yokozashi”. C’est cette dernière méthode qui est généralement utilisée dans la confection des Judogi. Le but ici est d'empêcher l’adversaire de saisir facilement le vêtement et le fait de tisser le Sashiko horizontalement permet d'obtenir un tissu final plus rigide et donc moins facile à saisir. À l’inverse, un tissage vertical donnera un tissu plus souple, facile à saisir et qui apporterait donc un désavantage dans un art martial comme le Judo.

Tissage 'Yokozashi' sur les Judogi

Tissage 'Yokozashi' (Judogi) - Tissage 'tatezashi' (Kendogi)

Enfin, notons qu’il existe plusieurs manières différentes de tisser du Sashiko. Chaque fabricant de Judogi aura sa “recette secrète” et sa propre vision du tissu donnant une certaine identité à celui-ci. Chez KuSakura, pas de recette secrète, mais un savoir-faire unique ainsi qu’un goût de la qualité qui se passe de génération en génération depuis plus de cent ans, justifiant entre autres la qualité haut de gamme des Judogi KuSakura.

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