L'histoire de l'emblématique Judogi - Les étapes de la production

Les étapes de la production

Un voyage de la bobine aux Tatamis

Les étapes de la production d'un Judogi peuvent être un peu complexes pour des non-initiés. Avec près d'un siècle d'expérience dans la conception d'équipement d'art martiaux haut de gamme, KuSakura s'est toujours efforcé d'être une entreprise éthique et transparente vis-à-vis de sa production et de ses clients. Comme nous l'avions vu dans notre article des 100 ans, KuSakura a été précurseur dans la modernisation de la production du tissu "Sashiko" après la Seconde Guerre mondiale, tissu qui était avant cela entièrement produit à la main. Cet article se présente comme une visite guidée des ateliers de KuSakura, le seul fabricant de Judogi au monde à maitriser la totalité de son processus de production !

Introduction au tissu "Sashiko"

Le tissu "Sashiko" est une méthode de couture décorative traditionnelle trouvant ses origines vers le 6e siècle, mais démocratisées pendant l'ère Edo (1615-1868). Ce tissu était connu pour ses motifs cousus très typiques du Japon composé d'une succession de "grain de riz" rappelant la neige tombant autour des maisons de fermiers, lui donnant son aspect si distinctif ainsi que sa durabilité. Ce tissu était alors utilisé afin d'assembler des pièces de tissu entre elles, pour réparer des vêtements abimés ou comme simple décoration. Bien que plusieurs motifs pouvaient être cousus, le grain de riz était de loin un des plus utilisés et est aujourd'hui vraisemblablement le motif le plus connu au monde. Les propriétés fonctionnelles de ce type de tissage traditionnel lui ont valu d'être largement utilisé dans la société japonaise et à l'ère Meiji (1868-1912), il évolua en vêtement d'hiver pour les fermiers et en vêtement de fonction pour les pompiers.

Du fait de la grande solidité que confère cette méthode de tissage au vêtement, le tissu "Sashiko" fut perçu comme un atout dans les arts martiaux. Le Judo, du fait de sa grande popularité, fut le premier art martial (avec le Kendo), à adopter ce type de tissu convenant parfaitement aux besoins de ce genre de pratique. En effet, le confort pendant les chutes, la durabilité due à la grande résistance que procure ce procédé de tissage au tissu sont entre autres, des caractéristiques particulièrement utiles dans un art tel que le Judo. Le tissu "Sashiko" s'est de plus révélé particulièrement efficace pour absorber la transpiration.

Comme nous l'avons détaillé dans notre article sur l'emblématique Judogi, plusieurs autres arts martiaux ont été influencés par le Judo. En effet, le tissu "Sashiko" fut vivement recommandé au Dojo de Ueshiba Morihei, par certains pratiquants d'Aikido avec un passé en tant que Judoka, faisant du "Sashiko" le tissage traditionnel principal utilisé sur les Keikogi d'Aikido aujourd'hui.

Finalement, KuSakura a grandement contribué à la démocratisation du "Sashiko" en inventant la première machine capable de produire de type de tissage traditionnel jusqu'alors entièrement fait main, donnant à l'entreprise un avantage compétitif certain. De nos jours, le "Sashiko" s'est avéré être un standard dans les Kimonos de Judo, et maitriser sa conception du début à la fin, un réel enjeu compétitif pour les entreprises du secteur désirant fournir les Judoka en équipement haut de gamme.

La composition d'un Judogi

Aperçu de la composition d'un Judogi

La plupart des Judogi sont dits "double-couche", c'est-à-dire qu'ils ont été tissés sur deux niveaux, donnant une couche plus épaisse au tissu. Cette technique, connue sous le nom de "Nunokiji" en japonais, est rapidement devenue une norme dans le secteur des arts martiaux et spécialement en Judo où la solidité du Gi est un élément clé.

Généralement, les Judogis sont composés de 3 tissus différents :

  • Le "Sashiko" que nous avons brièvement détaillé ci-dessus.
  • Le "Katsuragi", se trouvant sur le col ainsi que sur le pantalon du Judogi.
  • Le "Susokiji", présent sur la partie basse de la veste, souvent tissée en Hishisashi (tissage en diamant) selon le modèle.

Le processus de production

KuSakura est la seule entreprise du secteur à avoir un contrôle total sur la chaîne de production de ses Judogi du tissage, à la couture jusqu'à la vente. Néanmoins, le seul défaut de ce processus bien ancré est l'approvisionnement en matière première. Et malgré le fait que la production de coton soit très faible au Japon et qu'on assiste à une réelle pénurie de cette matière première dans beaucoup d'industries, la plupart des Judogi haut de gamme KuSakura sont eux 100% fabriqués en coton japonais, justifiant ainsi la nature haut de gamme et la qualité  "Made in Japan" de ces Judogi.

Il est aussi important de noter que tous les Judogi KuSakura sont 100% fabriqués à partir de coton japonais de grande qualité. Néanmoins, afin de pouvoir répondre aux normes IJF, nos ingénieurs ont dû inclure du polyester dans le processus de production, augmentant la solidité ainsi que la flexibilité du Judogi tout en maintenant sa légèreté.

Après avoir passé un test de qualité très sélectif, les bobines de coton et de polyester sont assemblées séparément pour former un seul rouleau que KuSakura tisse en utilisant deux des machines les plus performantes au monde pour le tissage du "Sashiko". Ces deux machines ont été faites en Suisse exclusivement pour KuSakura, étant dorénavant la seule entreprise du secteur à posséder ce type d'équipement.

Métier à tisser KuSakura

Le métier à tisser du "Sashiko" le plus puissant du monde.

Les rouleaux sont ensuite empilés les uns sur les autres pendant approximativement 45 jours dans une pièce spécialement dédiée. L'objectif ici est d'entasser le plus de poids possible sur les rouleaux se trouvant à la base de la pile dans le but de limiter le taux de rétrécissement et d'augmenter la précision des mesures finales qui sont données aux clients.

Rouleaux de Sashiko empilés

Les rouleaux de Sashiko mesurent approximativement 35 m avant le blanchissage.

Ensuite, les rouleaux sont testés et choisis en fonction de leur qualité, leur résistance et envoyés dans la préfecture de Saitama afin de subir un processus de coloration lors duquel ils seront soit blanchis, soit teints en bleu pour certains de nos modèles comme le JNV ou le JNF. Pendant le processus, les rouleaux sont immergés dans des bacs de coloration et renvoyés ensuite à Osaka pour les étapes finales de la conception du Judogi.

Une fois que les rouleaux sont de retour à notre atelier d'Osaka, nous pouvons finalement commencer la conception de la forme du Judogi. Les rouleaux sont coupés à l'aide d'une imprimante à la pointe de la technologie, suivant un patron de couture selon le modèle et la taille. En outre, le tissu est contrôlé une première fois pour s'assurer de la qualité et de la finesse de la coupe.

Conception de la forme du Judogi

La forme des Judogi KuSakura est conçue grâce à une imprimante à la pointe de la technologie

Finalement, toutes les parties sont assemblées à l'aide de machines à coudre par nos couturiers et couturières les plus pointilleux et ayant un sens aiguisé du détail.

Contrôle qualité par un employé KuSakura

Le Judogi prend définitivement forme lors de l'assemblage

Le contrôle qualité final

Il est certain que KuSakura a fondé sa réputation sur l'importance mise sur la qualité et les finitions de ses produits. À ce titre, l'étape finale du processus de production est l'une des taches les plus délicates.

Contrôle qualité Judogi bleu KuSakura

Les Judogi KuSakura sont des pièces haut de gamme qui subissent plusieurs contrôles de qualité

Comme nous l'avons mentionné au début de cet article, un Judogi est composé de 3 types de tissu différents. Afin d'assurer l'harmonisation des couleurs et de la qualité globale du produit, les employés de chez KuSakura en charge du contrôle qualité utilisent 2 sortes d'éclairage. Une lumière jaune, montrant les couleurs du Judogi sous une lumière quasi naturelle et une lumière blanche, révélant les couleurs sous une lumière plus artificielle, proche de celles que l'ont peut trouver dans les Dojos lors des entrainements. Afin de garder une qualité de produit haut de gamme, le moindre défaut de conception signifie naturellement le refus du Judogi et à ce stade du processus et étant donné les prix ainsi que le temps nécessaire à la production de ces pièces haut de gamme, on peut comprendre pourquoi les personnes en charge du contrôle qualité sont sélectionnées parmi les meilleures dans leurs domaines.

Du fait de ce long et exigeant processus de production, on peut constater que KuSakura s'efforce de mettre l'accent sur la qualité de ses produits au lieu de la quantité contrairement à d'autres marques sur le marché. Bien que ce choix semble moins rentable économiquement, il s'appuie sur le simple fait qu'en tant que pratiquant de divers arts martiaux, nous croyons fermement que les Judoka sont aussi à la recherche de produit haut de gamme et de qualité, incarnant aussi bien leurs propres valeurs que celles de leur art. Et il en va de soi, une clientèle exigeante nécessite une marque exigeante.

0 commentaires - L'histoire de l'emblématique Judogi - Les étapes de la production

Laisser un commentaire


Articles récents






Inscription à la newsletter

1 à 2 emails par mois maximum. Nous ne partageons pas vos données.